Tout d’abord, nous sommes tous tentés, au début, à faire un grand nid. C’est une erreur, l’étape de fondation de la colonie (c’est à dire la naissance des premières ouvrières) est cruciale et un endroit confiné comme une éprouvette est idéal. Plus l’endroit de fondation sera petit (évidemment il faut quand même que la reine arrive à se retourner), et plus la fondation sera facile. Une éprouvette est un choix idéal car on y voit bien et ça une taille convenable. J’utilise des éprouvettes 18mm x 150mm. Les fourmis peuvent rester dans l’éprouvette généralement pour leur première année de vie. Il est possible de garder jusqu’à une trentaine de petites fourmis ou jusqu’à une dizaine plus grosses avant d’avoir besoin de penser à changer l’éprouvette (ou y ajouter une aire de chasse)
Ci-bas, vous trouverez quelques nids que j’ai fabriqué en entier et qui conviennent très bien à différentes espèces de fourmis:
L’éprouvette (ou tube à essai)
Il s’agit tout simplement d’une éprouvette, dans laquelle on a mis un peu d’eau et ensuite de la ouate bien tassée qui servira de tampon entre l’eau et l’aire habitable. Cette méthode permet de garder une humidité suffisante dans l’éprouvette. La fourmis demandant plus d’humidité se collera sur le cotton humide et celle souhaitant moins d’humidité se tiendra plus loin. Il faut fermer l’éprouvette avec de la ouate également afin d’assurer une certaine circulation d’air.
L’éprouvette reliée à une aire de chasse
Ici l’objectif est que les fourmis puissent commencer à chasser. Lorsque celles-ci « attaquent » régulièrement la ouate de sortie, il est généralement grand temps de les relier à un aire de chasse. Personnellement, je le fais quand les petites fourmis sont une trentaine et quand elles sont entre 5 et 10 pour les plus grosses espèces. Il suffit de relier le tube à un plat quelconque en plastique. Je met généralement un peu de platre de paris au fond pour faire une base solide (et créer un peu de poid pour faciliter la mise en place) mais ce n’est pas nécessaire. Il est aussi possible carrément de déposer l’éprouvette ouverte dans un plus grand plat et ainsi éviter de le percer. La meilleure façon de percer un plat en plastique est de chauffer la partie fermée d’une éprouvette (évidemment pas celle contenant les fourmis) avec un briquet et ensuite faire fondre le plastique avec le cul de l’éprouvette bien chaud. Cette étape peut être éliminée pour passer directement à la mise en nids si vous disposer de petits nids (10cm par 15cm pour le premier nid c’est largement suffisant.
Du sable dans le nid?
Oui c’est possible, comme illustré ci-haut, de faire des nids avec du sable (entre deux plaque de verre par exemple) afin de voir les fourmis creuser elles même les galeries, par contre, cela pose plusieurs inconvénients.
D’abord, il faut savoir qu’un nid avec du sable est sale beaucoup plus vite et les risques de moisissures sont plus grand (il faut d’ailleurs faire bouillir le sable avant la construction afin d’en éliminer les parasites)
De plus, le sable cache presque toujours les fourmis et/ou le couvain. Elles aiment le noir alors même si l’espace entre les plaques de verre est très mince, les fourmis trouvent généralement le moyen de se cacher dans le sable et l’observation (s’il a un but moindrement scientifique) s’en trouve réduit.
Mettre du sable sous la plaque de verre ou de plastique d’un nid en mortier moulé (voir plus bas) est la solution la plus « propre » pour un nid avec substrat.
Nid horizontal ou vertical?
Dans la nature, les fourmis creusent dans la terre et elles ajustent la température et l’humidité souhaité en montant ou descendant plus ou moins creux dans la terre. Un nid vertical est donc un peu plus « naturel » et logique pour les fourmis en captivité. Par contre, les nids horizontaux sont à mon avis plus « propres » et plus facile à déplacer en plus de faciliter l’observation et la prise de photos. Également, il est aussi plus difficile de gérer l’humidité d’un nid vertical. Le seul nid vertical illustré ici est le nid de platre, tous mes autres nids sont horizontaux par choix personnel. . Bien que je préfère les horizontaux, il est certain que je m’intéresse aussi aux nids verticaux et que je vais finir par en construire tôt ou tard.
Le nid de bois
Ce nid à été creusé dans une planche de chêne à l’aide d’une toupie Dremel. L’aire de chasse est en verre collé et le contre toit (qu’on ne voit pas sur l’illustration) est en acrylique enduit de talc (pour ne pas que les foumis puissent sortir). Le système d’humidification est en dessous (petit bol d’eau dans lequel trempe une mèche). Étant donné que les Camponotus s’accomodent bien des milieu peu humide et que le système d’humidification est très difficile à gérer avec du bois (le bois se tord avec l’humidité ou pourri), je recommande de mettre juste une éprouvette remplie d’eau dans l’aire de chasse si ce modèle vous intéresse.
Le nid de platre
Nid très facile à faire dans un verre de plastique (éviter les verre de vitre car ils sont tous différents et le moulage pourrait ne pas bien fonctionner dans un autre verre). Il suffit de mettre de la plasticine au fond d’un verre de plastique (qui deviendra la réserve d’eau) et de couler du platre dans le verre en prenant soin de mettre un tube au milieu qui servira à remplir la réserve d’eau. Une fois le platre solidifié, trouvez une façon de détruire le verre (car le démoulage est délicat quoique faisable) creusez de petite galerie à l’aide d’un dremel (avec une sortie sur la surface) et remettez le tout dans un second verre identique. Il vous faudra mettre du talc ou de l’huile d’olive pour ne pas que les fourmis sortent.
Le nid d’acrylique (Plexiglass)
Mon préféré et celui que j’utilise le plus. Par contre un peu complexe à fabriquer. C’est de simple plaque d’acrylique (Plexiglass) coupées avec une scie à onglet possédant une lame à mélamine et les plaques sont collées avec du dichlorométhane (qu’on peut trouver dans les ateliers spécialisé dans l’acrylique). Une mèche (ou plusieurs) qui trempent dans un bol d’eau sert à humidifier le nid.
Le nid de mortier moulé
Pas évident à fabriquer non plus. Il faut un coffrage (en PVC est idéale car ça n’adhère pas au mortier mais en bois huilé ça fonctionne aussi), il faut aussi des pièces de silicones qui serviront à mouler les galeries (ou encore du styromousse qu’on pourra détruire après le séchage). La vitre est installée avant le moulage (pour assurer une bonne étanchéité) et peut être difficile à démouler si elle n’est pas bien huilée. Le mélange utilisé est 60% sable de silice (car il est blanc mais n’importe quel sable fin fait l’affaire), 25% de ciment blanc (ou du ciment gris plus commode à trouver) et 15% de litière à chat broyée ou tamisée qui facilitera le passage de l’eau entre la réserve et le nid. Idéalement tout le nid n’est pas composé du mélange avec litière mais juste une partie qui touche au réservoir et à une partie du nid. Le mélange sans litière sera composé à 75% sable et 25% ciment.